La rencontre, le projet
Lorsque vous commencez à emprunter des chemins buissonniers, vous rencontrez des êtres et des parcours qui, bien que très différents du vôtre, abritent pourtant cette lueur fauve que votre oeil reconnaît instantanément : passion, élan, joie, enthousiasme, volonté farouche, sensibilité, ferveur contagieuse, courage, opiniâtreté, fougue, curiosité débridée…
La Venelle est née de l’une de ces rencontres, transformée en amitié au fil des années, et alimentée par un amour commun du livre, du narratif, de la fiction et de sa puissance de “vie dans la vie”.
À l’heure d’un besoin salutaire de s’écarter des grands axes, des autoroutes existentielles, des normes et des manuels prétendant détenir toutes les clés et les limites d’une existence réussie, le projet d’une activité autour du soin culturel et de l’accompagnement a émergé assez naturellement.
Le projet et le choix du care donc, et non du cure, c’est à dire le choix de prendre soin plutôt que de soigner, sans prescriptions strictes ni verticalité, mais bien dans l’invitation et la proposition.
Des invitations dans un cadre bienveillant, intimiste et créatif, faisant appel à des outils reconnus et professionnels, tout comme à des ressources humanistes, liées à la diversité de nos expériences respectives.
D’un côté, il y a celui qui voit toujours par où commencer, qui sait établir les fondations, établir patiemment la charpente du long terme ;
de l’autre, il y a celle qui voit au-delà du gros œuvre, dans le détail immédiat du verbe, d’un mot qui fera basculer la vision ou la parole au-delà de la surface des choses.
Côté jardin
Typhaine
Marc
« Ayant recueilli au fil de mes années en tant que libraire les témoignages et les errances de lecteurs et lectrices à la recherche de cette réverbération des livres nourriciers dans leur existence, je fais aujourd’hui le choix d’accompagner celles et ceux qui le souhaitent vers des mots agissants, glanés au fil des lectures ou de l’écriture, des mots bâtisseurs d’une société bienveillante, inclusive, responsable d’elle-même et peuplée d’individualités créatives, inspirantes et heureuses de l'être. »
Typhaine a démarré son parcours professionnel tôt, juste après des études résolument tournées vers la fibre littéraire et théâtrale, et a embrassé le métier de libraire dès ses 19 ans, avec une curiosité qui ne l’a depuis jamais quittée, préservant ainsi ses pupilles vives, son désir de lire infini, et son besoin de partager toutes les lueurs que peuvent procurer une lecture intact.
Ayant tour à tour fait ses gammes au sein de grandes enseignes culturelles comme au sein de petites librairies indépendantes et associatives, Typhaine fut toujours du côté de celles et ceux qui doutent, se questionnent, défrichent, découvrent, et prêtent attention aux voix sous-représentées.
Chroniqueuse littéraire pour un webzine culturel pendant quelques années, sa plume-clavier n’a jamais cessé de chercher la phrase juste, sur les réseaux sociaux ou dans des revues professionnelles, pour témoigner du souffle d’un texte, de sa beauté et de son mystère.
Que ce soit à travers la création en librairie de rendez-vous coups de coeur autour de littératures francophones et traduites, de poésie ou de catalogues d’éditeurs et d’éditrices indépendant.es, ou à travers la modération de rencontres littéraires et l’animation d’ateliers d’écriture (pour lesquels elle s’est formée en 2021), Typhaine a toujours tenu à explorer plusieurs formes créatives de transmission des textes au-delà de ses seuls conseils de libraire.
Découverte, plaisir et partage : un trio d’intentions simples à l’épreuve du temps et des kilomètres de livres lus, entre classiques et contemporains, de la poétesse Emily Dickinson à Tolkien, en passant par Italo Calvino, Toni Morrison, Christian Bobin, Jón Kalman Stefánsson, Marguerite Yourcenar, Alice Rivaz, Nicolas Bouvier…
C’est donc naturellement qu’après presque quinze ans passés dans le commerce du livre, cette passionnée a eu besoin de revenir à la racine de cette “expérience sensible” qu’est la lecture, quittant ainsi au printemps 2024 la librairie, mais pas les livres.
Avec un certificat Voltaire* obtenu en 2021 dans le but de pouvoir relire et corriger des textes, Typhaine décide d’ajouter une corde plus sensible à son arc littéraire et se forme en 2024 à la bibliothérapie créative © aux côtés de celle qui a démocratisé et renouvelé cette pratique en francophonie, Régine Detambel, bibliothérapeuthe, écrivaine publiée chez Actes Sud et chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres, afin de pouvoir proposer des ateliers sensoriels et immersifs, capables de transmettre les mots et les récits par le corps et non plus seulement par la tête.
Rassurez-vous, Typhaine ne fait pas que lire et écrire, elle marche aussi beaucoup, le nez en l’air ou collé à la pente, elle cueille et ramasse les délices de chaque saison, joue à quelques jeux de rôle, observe beaucoup son chat, ré-apprend à s’ennuyer, savoure chaque tasse de café, parle à son jasmin, nage dans l’Atlantique dès qu’elle le peut, et crée des espaces-temps pour profiter des gens qu’elle aime.
Sa citation de poche : « Avoir en écrivant l’autorité absolue d’une pâquerette, telle était mon ambition » , tirée de Louise Amour, de Christian Bobin, éditions Gallimard
*Le Certificat Voltaire est un diplôme qui atteste vos compétences en orthographe et en expression orale en français.
Côté cour
Patrick
Bissinger
« En bon capitaine de cordée, j’ai toujours tenu, à travers mes différentes expériences entrepreneuriales, artistiques et personnelles, à prendre part à cette ascension de différentes individualités au service d’un objectif ou d’un rêve soudain commun.
Ce qui compte et comptera toujours, c’est cet élan de l’aventure, avec toutes ses variables les plus inattendues au sein d’un collectif, qui fait se révéler les possibles de chacune et chacun, et qui révèle le beau »
Patrick a mis le pied sur le sol créatif et entrepreneurial assez vite, avec la foulée folle et sage du marathonien.
Ne craignant ni l’étincelle de départ ni les kilomètres bien plus tard, Patrick, dit “Meta”, en écho aux Méta-barons d’un certain Jodorowsky, n’a en effet eu de cesse de poser les fondations tranquilles mais vitales de plusieurs projets, avant de les laisser vivre par eux-mêmes et d’en rejoindre certains des années après leur lancement…
Un œil sur son pas, l’autre sur l’horizon, Patrick démarre sa vie professionnelle par le biais des “junior entreprises” à l’heure d’études supérieures en commerce international.
C’est donc tout naturellement qu’après une spécialisation en logistique opérationnelle (qui deviendra une expertise en supply chain management), celui qui aime approfondir et découvrir donne à son parcours une dimension multi-culturelle : Allemagne, Écosse, US, Argentine, Brésil, puis une arrivée en Suisse en 2003 qui le verra pour un temps poser ses bagages.
Inspiré par le sport automobile et sa rigueur dans la préparation mentale et physique des pilotes, Patrick développe au sein de grands groupes logistiques internationaux comme au sein de compagnies aériennes une approche d’équipes en totale opposition au micro-management. Avec un goût certain pour la gestion libératoire, la candeur radicale, Patrick invite chaque membre au sein d’une équipe à se réaliser à travers sa propre zone de génie, ses talents au sein même du projet plus vaste qui lui est confié.
Pluralité des profils et multiplicité des supports, des axes-clefs pour amener chacun.e à la conscience de son potentiel et à l’expression de ce dernier.
Catalyseur, courroie de transmission, Patrick croit en la confiance accordée “au vide et au plein” intimement liés de toutes et tous.
Sa passion pour la fiction, le narratif, le dialogue permanent de l’art et du réel a autant alimenté sa pratique managériale que ses choix plus personnels et créatifs. Fasciné depuis l’adolescence par l’interface humanité-machine, il a notamment scénarisé de 2001 à 2011 la bande-dessinée Dreamers, publiée aux éditions Paquet, et a participé à la production de contenus télévisuels en ligne aux premières grandes heures du web (Demoscene.tv puis Besançon.tv, de 2004 à 2013), avant de glisser humblement dans le mécénat de projets culturels divers depuis 2016.
Sa citation de poche : “L’art remet les choses à leur juste place” , Krishnamurti
Manifeste
« Chacun de nous est fait pour une seule chose et cette chose,
quand il l’accomplira, le contiendra en son entier (…) »
Christian Bobin
Au détour de cette phrase empruntée au poète de la lumière, se déploie un chemin aux antipodes de ce que notre époque, obèse de ses possibles, promeut à tort et travers.
Car à ce moment d’un entre-deux-mondes, où par-delà les agitations d’une société à bout de souffle se profilent de nouveaux récits porteurs d’un « espoir radical », il y a plus d’une dissonance entre ce sentiment « d’impuissance acquise généralisée »* et les appels de l’ego à être, toujours plus, partout, ailleurs, tout le temps.
Et si accepter de se découvrir cette « seule chose » pleine et vaste pour laquelle nous sommes fait-es était la liberté la plus responsable et la plus absolue ?
Et si accepter que sa zone de génie ne soit pas instagrammable, monétisable, productiviste, performative ni forcément inédite était le plus beau service à se rendre ?
Tout le monde porte en soi cette faculté de sublimer le réel,
dans sa dimension la plus anecdotique comme la plus essentielle,
dans la sphère privée, professionnelle, artistique, universitaire,
à tous ces instants de la vie où notre place dans le monde reste à redéfinir
pour se sentir avancer dans sa propre histoire et non dans celle d’un-e autre.
Puisque « être soi est une quête essentielle au service du monde » (Inès Weber, Être soi, ed. Gallimard, 2023), offrons-nous le droit d’emprunter d’autres chemins moins fréquentés, pour y entendre d’abord l’écho de ses propres pas.
Sur le sentier formé par La Venelle, cette petite voie pour trouver la sienne, il vous sera possible d’apprendre ou réapprendre, le temps d’un accompagnement créatif ou structurel, à réinvestir la belle personne que vous êtes et à vous exprimer depuis cette touche subtile d’humanité que les enjeux d’un système marchand tendent à balayer ou à dévaloriser.
Côté cour, vous serez épaulé-es par un pragmatique créatif prêt à vous faire changer de regard sur les obstacles et blocages rencontrés aussi bien dans la sphère personnelle, artistique qu’entrepreneuriale, dans la gestion au long cours d’une équipe, d’un projet, dans la création d’une activité, pour mieux entrer en saine rupture avec des schémas souvent ascendants et déconnectés des personnes et du terrain.
Côté jardin, c’est une romantique impénitente qui vous accueillera au sein d’ateliers culturels et sensoriels, en petits groupes ou en séances individuelles, pour vous aider à mettre des mots sur ce qui vous traverse, intimement, sur ce qui vous bouscule ou vous manque, sur ce qui vous inspire et vous échappe, afin de vous permettre d’exprimer et ressentir votre puissance narrative, dans les moments de grâce de l’existence comme dans ses turbulences.
Et parce que nous sommes convaincu-es que faire le choix du mot juste, de la profondeur de champ, de l’intensité, du beau, du prendre soin,
que faire le choix de la rencontre avec soi pour rencontrer l’autre
comme faire le choix d’apprivoiser le temps long
ou encore de cultiver l’élan de vie contenu dans chaque épreuve de l’existence,
ne sont plus une éventualité mais bien une volonté et un désir salutaires
pour notre société déjà en devenir,
nous vous invitons simplement à cheminer, le temps de votre besoin, à nos côtés,
pour vous permettre de continuer ensuite votre route avec cet air discret de douce audace ou d’affranchissement…
Bienvenue chez nous,
Typhaine & Patrick
* « L’impuissance acquise généralisée » est un sentiment d'impuissance permanente et générale provoqué par le fait d'être plongé, de façon durable ou répétée, dans des situations sur lesquelles l'individu n’a que très peu de prises ou de moyens d’action.